interdiction de manifestation bis

dimanche 1er septembre 2019
par  ldh caen
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Vendredi dans un communiqué la section de Caen de la LDH dénoncait l’interdiction systématique des manifestations dans le centre ville. Nous avions indiqué que les considérants de l’arrêté préfectoral ne permettaient pas de concilier respect des droits et mesures prises de maintien de l’ordre public.

C’est si vrai que le préfet a cru bon de rajouter la protection de « place aux asso » dans la justification de ses décisions : les militant-e-s de la LDH présent-e-s sur stand de notre association peuvent témoigner qu’il n’ont subi aucune agression lors des cortèges de Gilets jaunes. Par contre nous avons pu constater que le climat créé par la mise en avant de la « menace Gilets jaunes » avait semé de l’inquiétude dans les rangs de certains participants. Le milieu associatif dans sa diversité n’a pas à être enrôlé de force dans une opération de maintien de l’ordre comme faire-valoir de l’attitude des pouvoirs publics.
Nous avons constaté que les atteintes à la tranquillité associative se sont limitées à des chants mais aussi à des discussion ou interpellations sur le thème « les droits de l’homme ya du boulot »- ce qui n’est que trop manifestement vrai.

De ce que nous avons vu et que rapporte la presse il n’y a pas eu d’incidents qui pouvaient justifier une intervention comme celle qui a eu lieu rue Écuyère : un groupe de manifestants a été « nassé » retenu arbitrairement entre deux barrages de policiers et de gendarmes mobiles. Lors de cette rétention massive la préfecture se félicite des 58 verbalisations réalisées. C’était là sans doute la raison de cette action qui ne peut que contribuer à faire monter la tension.

Pour la Ligue des droits de l’homme ces pratique policières nouvelles viennent confirmer l’orientation autoritaire et arbitraire des pouvoirs publics : intimider, sanctionner pour rendre dangereuse la participation aux manifestations sur la voie publique. Ce faisant, c’est le droit de manifester qui est bafoué.

Bien sur, les Gilets jaunes sont la première cible mais au delà ce sont toutes les organisations du mouvement social qui sont visées : comme nous l’avons vu lors de la COP 21 quand des mesures antiterroristes furent utilisées contre les militants écologistes. L’accumulation des lois sécuritaires -dont l’inscription dans la loi des dispositifs liberticides de l’état d’urgence - donne aux pouvoirs publics des outils d’arbitraire surtout quand l’usage de ces dispositions empêche de fait le recours au contrôle du juge.
Nous avons avec des dizaines d’autres organisations signé un appel à manifester devant la préfecture en cas d’expulsion du Marais. Le préfet -qui ordonnera le recours à la force publique pour mettre en œuvre cette expulsion- interdira t’il toute protestation citoyenne en prenant aussitôt un arrêté d’interdiction alors qu’il sait que les organisateurs n’auront pas le temps de déposer un référé liberté.

Quoiqu’en disent les gouvernants nous ne sommes plus tout à fait dans un État de Droit.

La section LDH de Caen

crédit Photo : EA